La Perdrix bartavelle
La perdrix bartavelle appartient à la famille des phasianidés qui comprend les perdrix, les cailles et les faisans. C’est la plus grande des perdrix du genre Alectoris. Elle occupe les montagnes des Balkans, des Apennins et des Alpes (frange occidentale).
La perdrix bartavelle ne dit pas être confondus avec la perdrix rouge qui est plus petite. Certains auteurs rapportent des cas d’hybridation, appelés perdrix rochassière.
Le dimorphisme sexuel n’est pas marqué. La distinction mâle/femelle est impossible sauf lorsque les oiseaux sont observés en couple :
| Mâles | Femelles | |
|---|---|---|
| Taille (cm) | 35-43 | 33-40 |
| Envergure (cm) | 52-56 | |
| Poids (g) | 520-770 | 460-650 |
| Plumage | Gorge blanche bordée d'un collier noir aux limites nettes et sans mouchetures, flancs marqués de deux barres de noires, de roux et de blanc, bec et pattes rouges, dos gris brun | |
Régime alimentaire
Les adultes se nourrissent surtout de plantes à l’été, l’automne et le printemps : jeunes pousses, fleurs, feuilles, bourgeons, grains et fruits. 80% de son régime alimentaire est à base de végétaux. Les poules durant la saison de reproduction peuvent également consommer des invertébrés : insectes et larves (orthoptères, coléoptères, diptères, fourmis, …), araignées et escargots. Durant l’hiver, les perdrix recherchent des graines de céréales, en particulier l’avoine.
Les poussins consomment des invertébrés pendant les 3 premiers mois de vie. La proportion de nourriture animale diminue progressivement durant cette période.
Reproduction
Les perdrix bartavelles sont monogames. Les couples se forment au printemps et les parades commencent fin mars-avril jusqu’à fin juin.
Les mâles et les femelles sont matures sexuellement à l’âge d’un an.
La femelle construit son nid à même le sol, sous le couvert d’un rocher, d’un arbrisseau ou au pied d’un arbre. Elle pond, de mi-mai à début juillet, entre 8 à 14 œufs qui éclosent après 24 à 26 jours de couvaison. Le pic d’éclosion se situe entre le 13 et le 27 juillet. Les deux parents prennent soin des poussins.
La bartavelle a une prédilection pour les reliefs accidentés, entrecoupés de landes herbeuses ou de bois clairs. Bien que sédentaire, la bartavelle peut se déplacer temporairement lors de grosses chutes de neige. Moins bien adaptée aux intempéries que le tétras-lyre ou le lagopède, elle recherche alors des reliefs où la neige est balayée par le vent ou peut descendre à basse altitude dans les vallées, jusqu’à proximité des habitations.
Au printemps, les couples s’établissent sur un territoire de l’étage subalpin ou montagnard mais non forestier. Pendant la couvaison et l’élevage des jeunes, les perdrix sont entre 1 500 m et 2 500 m d’altitude là où elles retrouvent des pelouses parsemées d’arbrisseaux nains et de rochers. De septembre à novembre, les bartavelles montent vers le haut des versants, jusqu’à 3 000 m, pour trouver de nouvelles sources de nourriture. Certaines peuvent de déplacer jusqu’à 10 km de leur lieu de reproduction vers des altitudes plus basses.
L’OGM a réalisé des modèles cartographiques des habitats potentiels de reproduction et des habitats potentiels d’hivernage. La première délimite les espaces les plus attractifs pour la reproduction et la mise en œuvre de mesures de conservation et d’amélioration des habitats. La seconde délimite les zones les plus favorables pour la perdrix en hiver.
En France, l’espèce n’est présente que dans les Alpes. Elle n’existe pas dans les autres massifs (Vosges, Jura, Massif Central, Pyrénées).
1990-1999 : l’espèce est présente sur 354 communes dans 7 départements des Alpes, soit 250 de moins qu’en 1960 (-42%). Elle a disparu de 3 communes et est apparu dans 11. Lors de la reproduction, la perdrix bartavelle couvre une superficie de 11 111 km².
2000-2009 : l’aire de répartition est continue dans les massifs internes alpins. La présence régulière de la perdrix bartavelle est attestée sur 304 communes. Son aire de répartition se rétracte dans les Préalpes du sud tandis qu’elle augmente dans les Alpes du nord où l’espèce recolonise 31 communes. Le nombres de communes de présence régulière a diminué de 3 % depuis la décennie précédente et 42 % depuis 1960. Son aire de distribution est de 10 800 km² (3 % de moins qu’en 1999).
2010-2019 : la présence régulière est observée sur 349 communes. Cela varie peu entre les deux dernières décennies à l’exception des Alpes de Haute Provence où l’extension est due à la prise en compte de la perdrix rochassière. La perdrix disparait sur 25 communes des massifs de moyenne altitude et situées sur les marges sud-ouest et sud de l’aire de distribution.
Abondance
1996 : les densités sont comprises entre 0,6 et 0,9 coqs/km². La population est alors estimée à 5 000 adultes au niveau national.
2000-2009 : la densité moyenne suggère une augmentation du nombre de coqs par km² (0,9 coqs/km²). L’estimation de la population est de 7 000 perdrix bartavelles adultes au niveau national. Les effectifs augmentent dans les alpes internes du sud (+ 100 %), les Préalpes du nord (+ 60 %) et dans les Alpes internes du nord (+ 20 %). En revanche, les effectifs diminuent dans les Préalpes du sud (- 50 %).
2010-2019 : les densités sont de 0,23 à 4,7 mâles aux 100 hectares avec une moyenne de 0,52. L’estimation de la population est de 5 000 adultes sur l’aire de présence.
Tendance des effectifs
L’évaluation des tendances est un objectif majeur en dynamique des populations. Il se fait en suivant le nombre de coqs de perdrix bartavelle qui sont dénombrés tous les ans ou tous les deux ans sur des sites de comptage.
1990-1999 : les densités carient de 0,5 à 3,5 coqs/km², avec de fortes variations annuelles. Une baisse des effectifs est observée sur 31 % ses sites de comptage et une stabilité est observée sur le reste.
2000-2009 : Les effectifs augmentent avec tout de même une forte augmentation entre 2003 et 2007 et une diminution importante entre 2007 et 2009.
2010-2019 : les résultats montrent :
- Une stabilité des effectifs dans les Alpes internes du nord
- Un déclin dans les Préalpes du nord mais le site de comptage n’est plus représentatif de la situation des populations dans le département 74 à cause d’une dégradation de l’environnement.
- Un déclin dans les Alpes internes du sud
Succès de la reproduction
Chaque année en août, les membres de l’Observatoire effectuent des comptages au chien d’arrêt de femelles et de nichées. Ces observations permettent d’estimer l’indice du succès de reproduction (IR) soit le nombre de jeunes par adulte. La reproduction est considérée comme bonne à plus de 2 jeunes par adultes. Elle est mauvaise et ne compense pas la mortalité à moins de 1.
1990-1999 : la reproduction est bonne sur 40 % des sites, moyenne dans 33 % et mauvaise dans 27 %
2002-2009 : l’indice de reproduction varie de façon importante d’une région et d’une année à l’autre, de 0,4 à plus de 4 jeunes par adulte. La reproduction est plutôt bonne dans les Alpes internes du nord et les Préalpes du nord, et moyenne dans les Alpes internes du sud.
2010-2019 : l’indice de reproduction est de 1,4 à 3,5 jeunes par adulte selon les années.
Prélèvements
1990-1999 : la chasse de la perdrix bartavelle s’effectue dans 5 des 7 départements alpins où elle est présente. La chasse est fermée dans les départements 26 et 74. Le nombre de jours de chasse varie selon les départements et les effectifs. Des régulations sont mises en place : espaces protégés, plan de chasse, prélèvement maximal autorisé. L’instauration du carnet de prélèvement.
2000-2009 : la bartavelle est chassée dans 6 départements (fermé dans le 26). Le nombre de jours de chasse varie selon les départements et les effectifs. Le nombre d’oiseaux prélevés se situe entre 56 (en 2002) et 421 (en 2007).
2010-2019 : à cause de faible indice de reproduction et de la baisse des effectifs reproducteurs liés à la mortalité due à des hivers rigoureux, la chasse est fermée 6 saisons en Savoie, 1 saison dans les Alpes maritimes, les Hautes-Alpes et l’Isère, et 5 saisons en Haute-Savoie.
Le taux moyen de réalisation du plan de chasse (réalisations/attributions) est de 32 %. Le prélèvement annuel moyen est de 122 oiseaux.
Les principales menaces qui pèsent sur cette espèce sont :
Prédation
La prédation sur la perdrix bartavelle est exercée par les grands rapaces. Les mammifères carnivores sont des prédateurs occasionnels. La prédation est la principale cause de mortalité des oiseaux de plus de 3 mois.
Conditions météorologiques
La production de jeunes est affectée par de fortes pluies en juin et juillet. Des chutes de neige tardives pendant les périodes de couvaison et d’éclosion sont aussi des causes qui menacent l’espèce. Une neige prolongée peut affaiblir les oiseaux (disette) et favoriser la prédation.
Infrastructures et Fréquentation touristique
Les dérangements liés aux activités de loisirs ont un impact sur la survie des oiseaux. A cela s’ajoute les collisions dans les câbles de remontées mécaniques. 38 cas de collision de perdrix bartavelle, impliquant 27 téléskis, 5 télésièges, 4 câbles de transport d’explosifs et 2 télécabines, ont été répertoriés sur 13 des 189 stations alpines.
Exploitation pastorale
Le morcellement et la réduction des habitats dues à la déprise pastorale sont une menace pour la perdrix bartavelle. Le pâturage de gros troupeaux d’ongulés domestiques sur des sites de nidification peuvent provoquer l’abandon des nids et faciliter la prédation.
- Buffet N., Dumont-Dayot E., Bernard-Laurent A., Berducou C., Magnani Y., Ménoni E., Montadert M., Novoa C., 2010. Suivi patrimonial des galliformes. Bilan de la décennie 2000-2009. OGM, 2010. 36p.
- Dos Santos V. Bernard-Laurent A., Ménoni E., Montadert M., Novoa C., Amblard B., Gabrieli J., Milhau B., 2021. Suivi des galliformes de montage alpins et pyrénéens. Bilan de la décennie 2010-2019. OGM, 2021. 64 p.
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- OGM, 1990-1999. Dix ans de suivi patrimonial. OGM, 2000. 20 p.
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