Actions de conservation
L’habitat du Tétras-lyre et du Grand tétras se situe principalement au niveau de la zone de combat, là où il y a également l’implantation des domaines skiables. Afin de passer l’hiver, ils adoptent une stratégie d’économie d’énergie en minimisant leurs mouvements. Le Tétras-lyre s’enfouie dans son igloo pour en ressortir les matins et soirs afin de s’alimenter d’aiguille de conifère alors que le Grand tétras reste immobile près ou sur des arbres nourriciers. Lorsqu’ils sont dérangés, ils adoptent un comportement de fuite les rendant plus vulnérables à la prédation, et aux risques de percussion dans les câbles. La perte d’énergie liée à la fuite les rend plus sensibles au parasitisme et au stress, pouvant ainsi réduire leurs performances à l’approche de la période de reproduction.
L’été est une période clé pour la reproduction des galliformes qui ont besoin d’habitats allouant nourriture et protection pour assurer au mieux la survie des poussins. L’habitat idéal durant cette période est constitué de mosaïque d’habitat ouvert et fermé. Ces oiseaux nichant au sol, le dérangement peut avoir des conséquences directes sur la réussite de la reproduction.
La présence de câbles de remontées mécaniques constitut un obstacle permanent sur l’avifaune de montagne. D’après les bases de données de l’Observatoire, 700 cas de mortalité d’oiseaux dans les câbles de remontées mécaniques sont recensés. Les galliformes de montagnes sont les plus touchés. Une étude récente sur le Tétras-lyre (POIA BIRDSKI), suggère que cette part représente 20 % des cas de mortalité, soit autant que la prédation.
En ce qui concerne le Grand tétras, les clôtures pastorales constitues également un obstacle pouvant causer la mort des individus. L’observatoire a recensé plus de XX cas de mortalité dans les clôtures pastorales.
Diagnostics et zones de tranquillité
L’hiver, un diagnostic des habitats d’hivernage, est proposé, il s’effectue en deux étapes :
- La première étape est un diagnostic qui décrit l’intensité et le type de dérangement. Cette étape s’effectue durant l’hiver quelques jours après une chute de neige.
- La seconde étape est un diagnostic qui géolocalise l’emplacement des galliformes l’hiver via des indices de présence tel que les crottiers. Cette étape s’effectue à la fonte des neiges, qui révèle alors l’emplacement des crottiers.
Une fois les deux étapes réalisées, il est possible de localiser les zones à enjeux. Des zones de tranquillités peuvent alors être définie. Ce travail de mise en place des zones de tranquillité en concertation avec les acteurs locaux, est essentiel pour qu’ils puissent s’approprier les enjeux environnementaux sur leur territoire et agir pour leur préservation.
L’été, un diagnostic des habitats de reproduction basés sur la végétation, permet de distinguer les secteurs où les habitats sont favorables, moyennement favorables ou non favorables à la reproduction. Les habitats moyennement favorables peuvent faire l’objet de travaux de restauration (plantations, girobroyages, …) afin de les rendre plus favorables à la reproduction des espèces. L’entretien de ces milieux réouverts peut se faire par les troupeaux. Les travaux d’amélioration d’habitats de reproduction portent essentiellement sur :
- La formation de trouées ou de dépressage en forets (puits de lumière) permettant la régénération d’essences nourricières (myrtilles, callunes…)
- La mise en place d’exclos pour éviter l’abroutissement des jeunes plants par les cervidés
- L’ouverture de landes fermées supra forestières par gyrobroyage afin de recréer une mosaïque d’habitats favorable à la reproduction.
Une fois les habitats favorables à reproduction détecté ou amélioré, des zones de tranquillité peuvent être mises en place afin d’éviter le dérangement. En effet, les galliformes de montagnes étant des oiseaux nichant au sol, le dérangement peut rapidement affecter les taux de survie des nids et des petits.
Visualisation des câbles de remontées mécaniques et des clôtures
Afin de rendre les câbles plus visibles, la pose de balises (birdmark et flotteur) est préconisée. Un travail avec les domaines skiables est incontournable pour planifier cette visualisation. Des études récentes (POIA BIRDSKI, Fonds vert Occitanie) ont permis d’en apprendre davantage sur ce que perçoivent les Tétras-lyres et les Grands tétras. Ces études soulignent le fait qu’il est bénéfique d’équiper les câbles pour qu’ils soient plus visibles pour les oiseaux et que le matériel actuellement utilisé peut aussi être améliorer.
Afin de rendre plus visible les clôtures, des plaquettes ont été développé dans le cadre du programme Poctefa Gallipyr. Là aussi, les avancées sur nos connaissances quant aux capacités visuelles sur Grand-Tétras notamment (Fond vert Occitanie), nous permettra d’améliorer la performance de la plaquette.
Valorisation des actions menées sur le terrain
Ces actions sont menées par les membres actifs de l’Observatoire, qui en collaboration avec les acteurs locaux, agissent pour les galliformes de montagne. Ce travail est visible via l’application “Actions de conservation” :